Gliss Riffer

Dan Deacon

Domino  |  2015
7 / 10
par Jeff  |  le 25 février 2015

Dan Deacon, c’est un peu ce mec qui gravite régulièrement autour de ton groupe de potes. Une crème de type, un peu à l’ouest et d’un naturel extraverti, du genre à taper la causette avec un chien avec un chapeau et capable de transformer une petite sortie bien posay en une sauterie de légende avec ses conneries. Son problème, c’est qu’à être toujours dans l’excès, il peut vite devenir pompant. Bref, il faut savoir garder ses distances avec ce genre de zouzous, sans quoi c’est vite l’indigestion.

Le gros avantage de Dan Deacon, c’est qu’il est un peu seul sur son créneau, celui d’une electro-pop en full technicolor, complètement zinzin et trèèèèès extravagante. Autant vous le dire tout de suite : si ce mec avait enfanté une volée de suiveurs opportunistes, on se serait déjà tous défenestrés tant cette musique peut devenir insupportable si on l’impose à intervalles trop réguliers.

Et cela, Dan Deacon l’a probablement compris en ne jouant pas la carte de la surexposition. OK, l’Américain sort des disques depuis 2003, mais avouons quand même qu’hormis une bande de hipsters brooklynites qui ont arrêté de le suivre ‘since he got big’, le reste du monde a découvert le phénomène avec l’extatique Spiderman of the Rings en 2007.

Désormais signé sur Domino Recordings, Dan Deacon continue donc son petit bonhomme de chemin et nous sort un disque tous les deux ou trois ans. Et à chaque fois, l’effet est le même : quand c’est bien fait (et généralement, ça l’est), c’est un plaisir énorme de retrouver le natif de Baltimore et son armada de claviers, ses voix modulées et ses giclées electronica enrobées de fulgurances pop.

Sur ce Gliss Riffer d’une efficacité évidente, Dan Deacon renoue ainsi avec les excès de Spiderman of the Rings, après deux disques plus apaisés - toutes proportions gardées s’entend. On tient ici un disque plein, façonné par un type entier.

C’est sûr, à être dans l’extravagance permanente, il y en aura pour lâcher prise après trois titres, mais quand on se lance dans l’écoute d’un disque de Dan Deacon, on sait ce qu’on est venu y chercher et on s’est préparé à s’en prendre plein les oreilles. Et ici, y’a pas à tortiller : Dan Deacon, en bon dealer, nous livre exactement ce qu’on lui demande. Et la came est de qualité.

Corollaire logique, on pourra lui reprocher une certaine stagnation, puisqu’en huit ans celui qui était apparu comme un véritable OVNI n’a pas vraiment revu sa copie. Après, quand la formule fonctionne, que l’écriture ne montre pas de signes d’essoufflement et que la production gagne en richesse avec les albums, on ne va pas trop faire les fines bouches non plus...