Futur

Booba

 |  2012
5 / 10
par Tristan  |  le 13 décembre 2012

Bon, Booba n’est plus à présenter. Mais pour quand même résumer son succès – et son orientation musicale tant qu'on y est -, il suffit de dire que cette montagne bodybuildée et tatouée de près de 2 mètres a accumulé assez d’argent pour se payer sur son nouvel album des featurings de Rick Ross et 2 Chainz, présents sur presque tous les projets rap du moment. Est-ce que le plus américain des rappeurs français, d'ailleurs exilé à Miami, peut continuer à nous intéresser pour autant ? Pas vraiment, avouons-le.

Si ses trois singles déjà issus de de ce sixième album sont d’assez bonne facture, le reste est malheureusement plutôt anecdotique. Pour commencer, l’utilisation de l’autotune n’a jamais autant ressemblé au raï que dans « Tombé pour elle ». Et ce logiciel est plus que rentabilisé sur l’album, autant le dire tout de suite pour éviter une crise cardiaque à ceux qui y sont allergiques.

Dans l'ensemble, les instrumentaux de Futur sont dans la mouvance trap music, entre Waka Flocka Flame et certains morceaux estampillés Maybach Music, sauf sur « Tombé pour elle », justement, où l'on trouve des sons de synthé assez peu utilisés dans le rap ou sur « Jimmy » où Booba chante sur une instru reggae – au passage, c'est probablement le pire morceau de l’album.

On note également au tracklisting une production de l’américain T-Minus (« She Will » de Lil’Wayne et Drake, c’est lui), sans doute un fond de tiroir. Evidemment celui qui « rappe comme 2 Pac » possède toujours un sens de la formule incroyable. Morceaux choisis: « Moi et mes khey on part sur la Lune, amuse-toi bien en Meurthe-et-Moselle / Ma question préférée, qu’est-ce je vais faire (sic) de toute cette oseille » ou « Tu crois que tu viens de baiser une bombe t’es juste en train de baiser mon ex ». La première phase provient de l’ultra-violent et jouissif « Kalash », avec le prometteur Kaaris, meilleur morceau de l’album.

On remarque toutefois ici et là quelques innovations au niveau du flow. Ainsi, Booba a (presque) laissé tomber ce rap quasi-parlé un peu chiant. Cependant son utilisation systématique du name-dropping, syndrome The Game, commence à lasser.

Clairement, ne venez pas chercher ici de la nouveauté. D'ailleurs, pourquoi Booba innoverait-il quand son premier single atteint les 5 millions de vues en deux mois ? L’amour de l’art ? « On s’en bat les couilles du rap » disait-il il y a déjà 6 ans. Le pire dans tout cela, c'est qu’il peut probablement continuer à creuser ce sillon juteux durant des années dans la mesure où personne en France (à part peut-être La Fouine) ne menace son hégémonie sur ce créneau, celui d'un rap sans thème et souvent violent, où l’egotrip est la prière d’une religion qui ne vénère que l’argent.

Serait-ce pour cela qu’a été postée sur la page Facebook de Booba le featuring de « Fouiny » avec Patrick Bruel, alors que « le météore » clame à qui veut l’entendre qu’il est au-dessus des clashs?

Le goût des autres :

note : 99/10Simon note : 66/10Maxime