Foundation

Breakage

Digital Soundboy  |  2010
7 / 10
par Simon  |  le 13 juillet 2010

On vous parlait récemment du regain d'intérêt pour la drum'n'bass et des nouveaux hybrides engendrés par l'évolution permanente du dubstep - à ce propos, la chronique du récent Fabric de dBridge et Instra:Mental est particulièrement éclairante. Si nous avions voulu respecter la chronologie, nous aurions dû tout d'abord vous exposer le cas Breakage, illustration poussée de ce que la bass music peut proposer de plus évolué en la matière. Et pour cause, ce sont les amateurs de drum'n'bass qui réagiront les premiers au nom de Breakage, lui qui s'est taillé une réputation d'intouchable avec un premier double album (This Too Shall Pass) aux contours révérencieux envers les plus grands classiques de cette « drum » immortelle. Pourtant en 2010, le Breakage nouveau s'est encore un peu plus affirmé, comme complètement reversé dans un élan de modernité, et dès lors poussé instinctivement vers le dubstep.

Quoique né de traditions anciennes et inaltérables, cette nouvelle livraison de Breakage ne pouvait être qu'un hybride tant le son drum'n'bass est une constante chez l'Anglais. On ne s'étonne donc pas de voir Foundation, une collection d'anciens maxis, voir le jour sur le prestigieux label de Shy FX, véritable pilier de la culture drum'n'bass. Alors même si les plus fouineurs connaissaient déjà un paquet des titres présents sur Foundation, il faut bien avouer que le résultat est à la hauteur des attentes : lignes de basses robustes, rythmiques halfstep largement plongées dans l'héritage drum'n'bass et grosses prestations vocales, tout y est pour tenir en main l'un des plus beaux produits de la bass music en 2010.

Point majeur de l'équation Breakage, la qualité de production, qui est ici poussée à son paroxysme jusqu'à livrer des titres tellement carrés et calibrés que quelques écoutes suffiront à les démystifier. Pas de tendances à l'ésotérique, Breakage travaille en lignes claires et fonctionne sur un schéma d'une transparence folle. Et si cette qualité peut parfois rendre les avancées un poil prévisible (on pense aux tracks purement drum'n'bass, aussi classiques que complètement abouties), c'est le côté massif de l'œuvre qui gagne en visibilité. A cet égard on ne remerciera jamais assez Shy FX pour son travail de mastering. Foundation est à l'image de tout ceci : fort et univoque, mutant et sans complexe, une œuvre complète et assurément bien calée dans toute l'Angleterre électronique actuelle. La drum'n'bass est morte paraît-il, alors vive la drum'n'bass.