Falling Off the Lavender Bridge

Lightspeed Champion

Domino  |  2008
8 / 10
par Jeff  |  le 25 janvier 2008

L’aventure Test Icicles n’a duré que quelques mois mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a fait un boucan de tous les diables. Le trio britannique, qui sonnait comme une version grind et effrayante de Bloc Party, a d'autant plus marqué les esprits qu'il s'est désintégré en plein vol, alors que la hype battait son plein. Aussi, après une fin aussi abrupte et inattendue, d’aucuns croyaient le groupe enterré ‘ad vitam aeternam’ et retourné à une vie paisible de citoyen lambda. Pourtant, c’est dans le silence médiatique que Rory Atwell, Sam Mehran et Devonte Hynes semblent avoir trouvé un certain équilibre qui leur faisait peut-être défaut à leurs débuts. Et si les deux premiers cités ne sont jamais parvenus à opérer une seconde percée, Hynes a lui multiplié les projets. Après une tentative avortée de former un groupe avec Tom Vek et deux membres des Semifinalists, c'est en solo et sous le nom de Lightspeed Champion que le guitariste semble avoir trouvé la bonne formule.

Fruits d’un processus entamé il y a de nombreux mois, les douze plages présentes sur Falling Off The Lavender Bridge révèlent une facette plutôt inattendue du personnage. En effet, Devonte Hynes a mis de côté les riffs primitifs et les hurlements pour dévoiler un côté de sa personnalité qui a plutôt tendance à évoquer Bright Eyes ou Neil Young. On ne s’étonnera d’ailleurs pas d’apprendre que ce disque a été enregistré aux Etats-Unis sous la houlette de Mike Mogis, que l’on a déjà retrouvé aux côtés de Bright Eyes, Cursive ou The Faint. Témoin d’une mutation totalement assumée et parfaitement maîtrisée, Falling Off The Lavender Bridge est un savant mélange de folk apaisé et de pop délicate qui tourne résolument le dos aux influences britanniques du bonhomme. Qu’il soit seul ou accompagné de la chanteuse Emmy the Great, qu'il étale son talent de composition sur des titres dépouillés ou sur des ritournelles rehaussées de slide guitar ou de violons, Devonte Hynes séduit invariablement.

Sorti sur l’irréprochable label Domino, on ne peut s’empêcher de penser que ce premier effort aurait davantage sa place sur Saddle Creek. Mais en fin de compte, l’origine est un concept qui importe peu et perd toute importance devant le talent et la propension de Devonte Hynes à nous pondre des titres aussi efficaces que « Galaxy of the Lost », « Dry Lips » ou « Devil Tricks For a Bitch ». Selon les dires de l’artiste, le second bébé est déjà en route et on ne peut que s'en réjouir.

Le goût des autres :

note : 66/10Julien note : 88/10Nicolas note : 88/10Popop