Fabric 75

Maya Jane Coles

Fabric  |  2014
7 / 10
par Jeff  |  le 5 mai 2014

Quand on y réfléchit bien, Maya Jane Coles n’est rien d’autre qu’une Miss Kittin 2.0. En effet, comme la Française à son heure de gloire, l’Anglaise produit une musique bien dans l’air du temps temps (la Grenobloise s’est fait un nom dans les sphères electroclash, tandis que l’Anglaise donne plutôt dans la techno et la house), est l’objet d’un certain engouement (voire d’un engouement certain quand on regarde ses stats sur Facebook) qui lui permet d’être parachutée un peu partout et n’importe où, et pour couronner le tout, elle peut même s’appuyer sur un physique de suicide girl qui ne manque pas de faire carburer la libido du clubber à l’œil vitreux – même si au réveil et sans maquillage, ça doit un peu moins valoir le détour, avouons-le.

Logique donc, que la Fabric ait fait appel à ses service pour le 75ème volume de sa série de compilations mixées, elle qui avait récemment eu l’honneur de recevoir le ‘midnight slot’ du club londonien lors de la dernière soirée de la Saint-Sylvestre. A Maya Jane Coles donc de donner un peu de substance à une hype qui, ici, nous semble quand  même un peu démesurée. Pour se faire, la donzelle se la joue minimaliste, d'un bout à l'autre de son mix. Certes, il y a bien ci et là dans sa sélection quelques moments de légèreté house pour permettre à l’auditeur de reprendre son souffle, mais ce Fabric 75 est globalement une affaire rondement menée et qui ne peut être appréciée que dans la globalité de l’effort - bien qu'on doive reconnaître une petite baisse de régime dans sa seconde moitié, qui est la conséquence presque logique d'un démarrage en trombe tout bonnement irrésistible.

Dans ce contexte, une seule écoute suffit pour comprendre que Maya Janes Coles, à 26 ans seulement, est loin d’être une novice et sait faire les yeux doux à son public : ainsi, ce Fabric 75 alterne entre bangers patentés (ce remix de Dixon pour Mathew Jonson ou encore celui de Dense & Pika pour le classique « Erotic Discourse » de Paul Woolford), personal favourites et pépites insoupçonnées, sans oublier l’un ou l’autre unreleased histoire de doper encore un peu la valeur ajoutée de son mix. Et pour le coup, on se dit que sans être l’un des trésors les plus inestimables de la série, ce Fabric 75 a tout pour plaire et aura surtout le mérite de faire taire tous ceux qui ne voient en Maya Janes Coles qu'une poster girl de la scène électronique juste bonne à pousser quelques boutons contre des sommes folles. You go girl!