Fabric 67

Zip

Fabric  |  2012
8 / 10
par Simon  |  le 7 janvier 2013

Beaucoup riront en voyant le nom du producteur invité pour le soixante-septième volet de la série Fabric. Ils auront forcément tort dans la mesure où on voit cela comme l’expression d’une justice presque divine. Enfin, on ne vous jette pas la pierre puisque Zip a toujours voulu sa carrière comme discrète, à notre grand dam il faut bien l’avouer. Mis à part quelques productions sous le nom de Dimbiman, on ne retire rien de la carrière de Thomas Franzmann. Toutefois, et c’est le grand fait d’arme de l’Allemand, on ne lui sera jamais assez reconnaissant d'avoir fondé Perlon avec Markus Nikolai.

Voilà donc quinze ans que Zip est à la tête d’un des tous meilleurs labels de tech-house allemands, gérant les parcours de producteurs de la trempe de Ricardo Villalobos, Margaret Dygas, Wareika ou Cassy. Paie ton respect.

C’est donc en pousse-disques attentif et en boss de label ultra-référencé qu’on retrouve Thomas Franzmann pour cette heure de sélection. Et pour le dire d’emblée, c’est grand. Une fois n’est pas coutume – on fait le même constat avec le LARJ de Thomas Hammann et Gerd Johnson – on se dit que le recul sur la musique est une chose aussi rare que précieuse dans ce genre d’exercice. Trop de producteurs, la tête bien dans le guidon, se perdent à monter des sélections trop neuves, pas assez éprouvées, trop fraîches et finalement trop creuses.

La pose du patron de label est ici salvatrice car tout respire le classique éculé, le groove plein et honnête. Un exercice qui le rapproche du loop-digger house, qui justifie ses titres par ses années d’expertise en club – on sait à cet égard que le miracle se reproduit aussi en live. 1990, 1994, 1996, 1997, 1998, 2000 jusqu’à nos jours, ce Fabric 67 n’aligne pas ses titres en champion de la modernité à tout prix : un titre se retrouve dans cette sélection uniquement parce qu’il est bon comme un bon bourbon.

Partant de le là, house analogique et contemporaine se mêlent sans trop de problèmes, les esthétiques ont été intégrées, digérées et ne posent plus aucun soucis d’assemblage. Zip comprend la house et ouvre, le temps d’une sélection, ses flycases pour en ressortir du vinyl de top qualité.

Aucun coup d’éclat, aucun effet de manche. Ni technique affriolante ni besoin de devoir se relancer sans cesse. Zip tape ses titres avec une justesse assez folle, impressionne par les couleurs qu’il imprime et les reliefs qu’il dessine sur une sélection trop courte. Alors que la série du club qui porte son nom a tendance a booker trop vite ses têtes de gondole, ce Fabric 67 discret est venu en coiffer le top 3 de l’année, juste entre l’essai de Levon Vincent et celui de Ben Klock. Plus que recommandé, donc.