Dubstep Allstars Vol. 11

J:Kenzo

Tempa Recordings  |  2013
6 / 10
par Bastien  |  le 2 septembre 2013

Pour les amateurs de dubstep, les compilations sont loin d'être un sous-produit du type Techno Party vol 24. Non, certaines sélections ont même marqué durablement l'histoire du genre. On peut citer The Sacred Symbols of Mu et 10 Tons Heavy sorties sur Planet Mu, Warrior Dubz de Mary Anne Hobbs, Worth the Weight : Bristol Dubstep Classics sur Punch Drunk, la Tectonic Plates Vol 2 mixée par Pinch et bien d'autres encore.

Parmi ces must have, on trouve également en toute bonne place la série Dubstep Allstars de Tempa Records, démarrée en 2004 avec Dj Hatcha. On peut recenser dans ce flot les mixes mémorables de Youngsta & Hatcha pour Dubstep All Stars Vol 4, N-Type pour le Dubstep All Stars Vol 5, ou encore Distance aux manettes du Dubstep All Stars Vol 8. Globalement, des grosse plaques pondues par la crème de la crème. Du vrai son de badman.

Neuf ans après la sortie du premier numéro de la série, on ne va pas se raconter d'histoires, le dubstep n'intéresse plus grand monde. On pourrait écrire un pavé sur toute la merde qui s'est peu à peu déversée sur ce noble mouvement mais tout ou presque a été dit. La question n'est plus sujette à débat. Pourtant, il nous a été impossible de résister à l'appel de ce volume 11 concocté par J :Kenzo, un mec de la new school qui fait dans le old school. Pas un de ces tapins à gros wobble.

Alors que reste-t-il du dubstep en 2013? Et bien, même si ça n'a pas la flamboyance des débuts, il y a de beaux restes. Premièrement, au regard de la playlist, à moins d'être un acharné du style, peu de noms sont familiers - mis à part Kryptic Minds, auteur de "Badman VIP", une des plus grosses déflagrations dubstep connues à ce jour. Pourtant, à l'écoute de cette plaque, il faut avouer que ces bleubites en ont encore dans le ventre. La plupart des morceaux sont dans la lignée des aïeuls, un brin plus putassier tout de même. Pas d'inquiétudes, on est loin de « la » dubstep du style grosse diarrhée de Optimus Prime. Pourtant, plus les pistes se suivent, plus on attend la dérouillée que l'on aime prendre en écoutant du dubstep. Cela ne décolle jamais vraiment malheureusement. On se doit tout de même noter quelques beaux passages, avec « Hunter » de Kaiju que ne renierait pas un Kode9 ou un Pinch, les pistes de J:Kenzo d'une très bonne tenue, ou un Ipman qui tire aussi son épingle du jeu.

Dans l'ensemble, on peut dire que Dubstep Allstars Vol. 11 manque  d'audace, et c'est le grand reproche que l'on pourra formuler à l'endroit de ce disque. Clairement, si le dubstep est dans l'ornière, il va falloir un peu plus de couilles pour le sortir de ce merdier. Mais pour finir sur une note positive, on peut se dire qu'une nouvelle génération reprend le flambeau, et que ce genre de compilaiton permet de faire vivre un son old-school, mais surtout de faire la nique à « la » dubstep. Dubstep is not dead. Yet.