DJ-Kicks

DJ Koze

!K7  |  2015
4 / 10
par Jeff  |  le 24 juin 2015

Quant on sait que quelques clics suffisent pour tomber sur un podcast gratuit complètement décoiffant, on doit se féliciter de la longévité du concept des DJ-Kicks. Inaugurée en septembre 1995 par le Belge CJ Bolland, la série fête non seulement son vingtième anniversaire, mais aussi la parution du cinquantième volume. Un véritable exploit dans un segment autrefois florissant et qui ne compte plus que quelques acteurs notables – ajoutez les compilations Fabric et Balance et le compte est à peu près bon.   

Dans cette optique, avoir dégotté DJ Koze pour fêter cet anniversaire a tout du coup de maître. Car là où certains jouent la carte de la surexposition, Stefan Kozalla a toujours joué celle de la discrétion. Malgré ses 150.000 fans, sa page Facebook se borne à répercuter ses dernières actualités là où chez ses compatriotes Marcel Dettmann ou Ben Klock toutes les occasions sont bonnes pour usiner du like. Enfin, et c’est peut-être le plus important, DJ Koze a toujours été considéré comme un producteur / remixeur / dj de toute première bourre, un statut qu’il aura eu tout le loisir de confirmer auprès d’un (plus) large public dans la foulée de la sortie de son album Amygdala, habitué des tops de fin d’année en 2013. Quant à l’exercice du mix commercialisé, il ne s’y était plus prêté depuis 2004, avec All People Is My Friends pour Kompakt. Un coup de maître on vous dit.

Dans ce contexte, on comprend que certains aient placé d’immenses attentes dans cette sélection que le tracklisting nous annonçait riche en edits bien frais, et rehaussée d’un inédit – une condition sine qua non à la participation à l’entreprise DJ-Kicks. Comment dès lors ne pas être déçu par la sélection pantouflarde du natif de Flensburg, paisible bourgade située à quelques encablures seulement de la frontière danoise. Déjà, en se la jouant "downtempo limite neurasthénique", ce DJ-Kicks ressemble plus que tout à une sélection pour la série Late Night Tales. Ce n'est pas une tare, mais on attendait de la part de l'Allemand autre chose qu'un enchaînement de titres pour clubbers en descente de MDMA - enchaînement qui ne témoignent en rien de son excellente technique. Mais le pire dans tout cela, c'est qu'hormis un final particulièrement réussi grâce à des titres de Portable ("Surrender") ou Marcel Fengler ("Jaz"), ce mix de DJ Koze ne donne jamais l'impression que son géniteur ait eu la volonté d'y insuffler un peu d'âme. 

Les habitués de la série le savent très bien: les artistes qui ont la chance de livrer un mix à la série ont carte blanche. Ils sont même encouragés à s’éloigner du format traditionnel du mix-cd. Aussi, on en attendait beaucoup plus de la part d'un DJ koze, qui nous livre ici un mix que l'on hésitera pas à qualifier de chiantissime par moments. Bref, si vous voulez faire un petit voyage dans le temps et vous repasser des sélections qui valent le détour pour leur originalité, choisissez plutôt les DJ-Kicks de Booka Shade, Motor City Drum Ensemble, Four Tet ou Erlend Øye. Ces disques ont tous quelques années au compteur et pourtant, ils n'ont pas pris la moindre ride. Tout le contraire de ce mix de DJ Koze qui ne passera même pas l'été...