Disco Not Disco: Post Punk, Electro and Leftfield Disco Classics 1974-1986

Various Artists

Strut  |  2008
8 / 10
par Jeff  |  le 3 mars 2008

Grâce à des groupes comme Bloc Party, The Rapture ou lcd soundsystem, le post-punk, genre protéiforme s’il en est, a pu faire un retour remarqué sur le devant de la scène. Et depuis quelques années, des groupes comme Gang of Four, les Talking Heads ou les Slits bénéficient d’une seconde jeunesse grâce au succès d’albums qui ont pompé sans vergogne et avec des talents divers l’héritage laissé par ces pionniers du genre. Cependant, bien avant que le genre ne soit revenu à la mode, le label Strut se proposait déjà de nous faire redécouvrir certains des trésors les mieux enfouis de cette période bénie par l'intermédiaire de ses compilations Disco Not Disco. Et après avoir fermé ses portes en 2003, voici que le label renaît de ses cendres – il fait désormais partie du groupe !K7 – et nous propose le troisième volume de sa désormais classique série.

Tandis que les 2 premiers volumes étaient consacrés à la scène No Wave/Neo Disco et au post punk new-yorkais du début des années 80, ce troisième volet propose quant à lui un programme des plus alléchants: Post Punk, Electro & Leftfield Disco Classics 1974 - 1986. Les quatorze titres que compte cette nouvelle livraison sont donc une excellente occasion de (re)plonger l’auditeur dans une période où les genres se rencontraient dans une folie créatrice incomparable: kraut sauvage, funk blanc, new wave glaciale et groove africain sont tous de la partie et s'entrelacent dans une ambiance irrésistible portée par des basses tout bonnement monstrueuses – un des titres présents sur cette compilation s’intitule d’ailleurs « My Spine Is The Bassline », tout un programme. Evidemment, il ne faut pas s’attendre à trouver sur Disco Not Disco un enchaînement de titres archiconnus. En effet, à l'exception du mythique « Los Niños del Parque » de Liaisons Dangereuses (un groupe au sein duquel on retrouvait notamment Beata Bartel de Einstürzende Neubauten et Chrisla Haas de D.A.F.) et du punk groovy et politisé de Delta 5 (énorme « Mind Your Own Business »), l’auditeur pourra se délecter de morceaux plus obscurs mais néanmoins excellents d’artistes dont il vous tardera d’explorer plus en profondeur la discographie.

En tout cas, c’est grâce à l’œuvre de « cratedigging » de bonnes âmes de chez Strut Records que l’on comprend que les années 80 ne sont pas une période à proscrire et que, mieux encore, elle recèle un nombre incalculable de joyaux qui assurent de facto la pérennité de la série Disco Not Disco. C’est clair, cette résurrection-là fait du bien aux oreilles.