Diary Of An Afro Warrior

Benga

Tempa  |  2008
8 / 10
par Simon  |  le 21 February 2008

Alors que l’année 2007 se voyait clôturée par deux sorties massives en matière de dubstep, à savoir les prestations attendues de Burial (Untrue) et Pinch (Underwater Dancehall), il ne fait aucun doute que le phénomène dubstep se trouve déjà dans le cœur du cyclone en ce début d’année avec la sortie d’un autre monument du genre, j’ai nommé le Londonien Benga. Inutile ou presque de situer ce bonhomme dans la sphère des musiques électroniques actuelles tant son influence, aux côtés de certains de ses pairs (Digital Mystikz, Coki, Hatcha et autres), s’est avérée déterminante dans l’émergence, il y a de cela quelques années, de la scène dubstep.

En véritable machine à tubes (l’hymne « Night » en première ligne), cet activiste forcené nous gratifie seulement (voilà bientôt sept longues années qu’il officie dans la musique) à présent d’un premier véritable album sur le très bon label Tempa, véritable ruche à talents qui ne cesse de faire parler de lui. Difficile donc avec cette poignée d’informations de ne pas se laisser aller au chantage de la célébrité, de se laisser éblouir par une aura aussi indestructible que méritée. Mais il n’en est rien car dès les premières pages de ce journal intime, on se rend vite compte que le travail ici accompli est exempt de tout reproche, une mécanique parfaitement huilée qui se laisse dévorer sans arrière-pensée à propos d’une éventuelle destinée commerciale.

Faisant la part belle aux basses fréquences, Benga distille avec parcimonie ses wobble basses dans des constructions exemplaires construites autour de snares chaleureuses, et parfois complètement destructrices (« Crunked Up » fera date). Après de multiples écoutes revient ce constat évident : la simplicité avec laquelle le Londonien enchaîne les cabrioles traduit une volonté que l’on avait pu rencontrer précédemment dans l’album d’un autre prodige de la scène dubstep. En effet Skream tout comme Benga, se voyant propulsés au rang de porte-voix d’une scène en effervescence, mettent à profit leurs longues expériences pour ouvrir un peu plus le champ de cette musique par le recours à un contenu univoque, parfaitement clair dans sa destinée universelle. Un disque qui s’apparente donc à une porte laissée entrouverte pour laisser l’occasion aux novices d’y pénétrer sereinement, et offrant par-là même un contenu plus que conséquent aux aficionados déjà endurcis par plusieurs années de découvertes.

On se retrouve donc en face d’un disque généreux et exemplaire, qui affiche derrière ses apparentes évidences un véritable travail d’orfèvre. Une première galette qui contient son lot de « fat tracks » comme on aime les appeler outre-Manche et dont on n'aura de cesse de parler au cours de cette année. Vivement conseillé.