Crystal Fairy

Crystal Fairy

Ipecac Recordings  |  2017
7 / 10
par Gwen  |  le 28 février 2017

Composé à 50% de Melvins (Buzz Osborne et Dale Crover), à 25% de Le Butcherettes (Teri « Gender Bender » Suárez) et à 25% de mec qui a du mal à choisir son groupe (Omar Rodriguez-Lopez), le projet Crystal Fairy fait le pari de rassembler quatre gros calibres en évitant que ceux-ci ne se marchent sur les pieds. Chacun a beau faire des ravages dans son domaine respectif, le compromis appelle souvent la tiédeur et les supergroupes accouchent rarement de super albums.

Dans ce cas-ci, on avait des raisons d’être rassuré. Tout ce petit monde a eu l’occasion de se renifler l’arrière-train à maintes reprises, que ce soit en tournée ou en se filant des coups de pouce sur diverses sorties. On sent le respect partagé et la camaraderie bien ancrée. C’est donc affublé d’un nom de Polly Pocket et précédé d’une pochette romantico-nineties que le groupe a décidé de concrétiser ses envies communes. Ne vous fiez ni au nom, ni à la pochette.

À l’écoute, on reconnaît d’emblée la participation des vétérans qui laminent le pavé à volées de riffs tendus. Buzz a clairement posé les bases de l'affaire, tempérant son metal maison de vagues échos psychés, sans doute pour rassasier Rodriguez-Lopez qui a pris place derrière la basse avec une certaine humilité. L’approche est rusée, le résultat à la fois familier et suffisamment imprévisible.

Mais si il y en a bien une qui en profite pour prendre la lumière, c’est sans conteste Suárez qui, non contente de signer une bonne partie des textes, cimente l’édifice de sa seule présence. Au milieu du ring, ceinturée par des poids lourds, la demoiselle fait rugir son petit gabarit avec une assurance affolante. Celle à qui on pouvait reprocher certains tics vocaux de riot girl hallucinée puise dans ses ressources pour surpasser la mêlée.

Sans prétendre au classique instantané, cette première ponte de Crystal Fairy offre quelques tours de force qui méritent définitivement notre attention (en particulier le furieux doublé "Bent Teeth" et "Posesio’n") et donnent très envie de les voir lâcher la meute sur scène. 

Buzz, Dale, Teri et Omar sont dans un bateau. La bonne nouvelle, c’est que personne ne tombe à l’eau.