Collapse EP

Aphex Twin

Aphex Twin  |  2018
5 / 10
par Côme  |  le 19 septembre 2018

Putain bravo Warp: quelques billboards incompréhensibles, un communiqué de presse bien cryptique comme il faut et une attente de plus d'un mois pour cinq titres, vous êtes des champions du monde. Si ça peut vous rassurer et vous permettre de surmonter l'horrible crise du disque qui doit vous empêcher de dormir, je l'ai streamé au moins 5 fois et vous avez gagné genre 15 centimes. Si vous aviez été vraiment malins, vous lui auriez demandé 20 titres histoire d'avoir la version IDM de Scorpion.

Parce que bon s'attendre à un truc incroyable et se retrouver avzec cinq morceaux d'Aphex Twin, c'est pauvre. Plus encore quand les morceaux ressemblent à tout ce que l'on avait déjà pu entendre à la publication de ses archives (le fameux "Soundcloud drop"), et inférieurs aux inédits balancés à l'occasion de la création du shop en ligne d'Aphex Twin. Si le disque n'est clairement pas à jeter, impossible en effet d'écouter la moindre phase mélodique sans penser au « beautiful japanese people » de la version deluxe du Rushup Edge de The Tuss. De la même manière, comment trouver encore incroyables aujourd’hui des saillies rythmiques sous-Drukqsiennes, sauf à avoir dormi ces 15 dernières années?

Lorsque ce que l’on présente comme du nouveau matériel semble dater d'il y a quinze ans et est pourtant accueilli comme la next big thing (merci le papier totalement hallucinant de Pitchfork), comment imaginer un quelconque futur à la musique de Richard D. James ? Faudrait-il remonter au pourtant stérile Computer Controlled Acoustic Instruments pour voir la moindre volonté de s’inscrire en faux face à une légende bien trop pesante ? Si ce Collapse EP est correct, et ne représente une note de bas de page que parce que la discographie de Richard D. James force encore le respect, il n'aurait jamais dû sortir dans ces conditions, voire jamais dû sortir du tout. Car lorsque Warp réduit toute son histoire à un coup marketing géant et trouve en face une presse prête à reporter n'importe quoi pour deux clics dans une industrie qui fonctionne en circuit fermé, on se trouve quelque part entre l'autofellation et The Human Centipede. Et dans les deux cas c’est dégueulasse.

Le goût des autres :