Censored Colors

Portugal. The Man

Defiance  |  2008
6 / 10
par Nicolas  |  le 8 mars 2009

Avec un nom pareil, Portugal. The Man ferait presque de l'ombre aux délurés Australiens d’Architecture in Helsinki ou à la joyeuse bande suédoise d’I’m From Barcelona. Une fois encore, le nom n’est en rien révélateur des origines du groupe : Portugal. The Man nous vient d’Alaska. Qui l’eut cru ? Quoi qu’il en soit, ce Censored Colors est déjà le troisième album des Américains mais le premier à trouver une audience, même mineure, dans nos contrées.

Se dégageant quelque peu des influences zeppeliniennes des débuts, Portugal. The Man a choisi cette fois d’orienter son spectre sonore du côté de Pink Floyd. Et si l’influence du rock psychédélique se fait sentir de part en part sur Censored Colors, que dire alors de cette touche soul qui transparait notamment dans la voix de John Gourley ? Vous l’aurez compris, Portugal. The Man n’a pas choisi son camp et c’est ce qui contribue tant à la richesse qu’à l’aspérité de ses compositions. Sans cesse, l’auditeur ne sait plus où donner de la tête avec ces harmonies vocales aux tentations gospel, avec ces emportements prog-rock ou avec ses structures changeantes. Ancré à la charnière des 60’s et des 70’s, Censored Colors est en soi le genre d’album à double tranchant, aussi aventureux qu’à la limite du digeste. De sorte que l’écoute des 53 minutes pourrait être assimilée, par certains, à un vrai chemin de croix. Assez proche dans l’esprit des Cold War Kids, Portugal. The Man est aussi irrégulier sur cet effort que ce dernier tire en longueur. En soi, il faut vraiment se lever tôt que pour l’écouter dans son intégralité.

Partagés entre les coups d’éclat et un certain engluement d’ensemble, les Alaskains (bien qu’ils soient basés aujourd’hui du côté de Portland) auront donc eu le mérite de lancer en pâture de nombreuses idées sur ce Censored Colors. Certes, toutes n’aboutissent pas à un résultat transcendant mais elles ont au moins le mérite de nous donner envie de voir comment le groupe va évoluer dans un futur proche. À coup sûr, on finira bien par en parler !