Castles In The Air

Clare Louise

Humpty Dumpty  |  2011
7 / 10
par Pauline  |  le 12 décembre 2011

Faire du folk en 2011, à une époque où même Bon Iver que l’on croyait folkeux jusqu'au trognon se gave à l'auto-tune, voilà le défi que s'est lancé Clare Louise. Une guitare, une voix et quelques accompagnements, voilà l'idée. C'est un fait, le folk est un genre qui peine de plus en plus à trouver ses marques. Pour un beau disque, combien de répertoires remplis de balades insipides? Clare Louise n’est heureusement pas de ces troubadours de l’ennui. Son programme: rien d'autre qu'une simplicité déroutante, mais avec un petit quelque chose en plus. Pour cette jeune Française partie exécuter ses poses mélancoliques dans la capitale belge, pas question de se lancer dans un énième disque sans saveur.

Clare Louise a une voix atypique, qui la propulse directement dans la cour des grandes excentriques de la pop/folk où l’on retrouve Kate Bush et Vashti Bunian. Parmi les inclassables, Clare Louise se fait sa place. Certes, il lui manque encore l’originalité débridée des deux géniales compositrices citées plus haut, mais ce que la jeune chanteuse partage avec elles, c'est sa force. Sa façon bien à elle d’envoyer valdinguer la fragilité. À l'image des superbes chevauchées musicales de Joanna Newsom, Clare Louise s'embarque dans ses morceaux sans doutes, sans failles, véritable frondeuse folk gonflée par une détermination qui ne connaît pas de limites. "This Dance" entraîne ainsi l'auditeur dans une valse folle. Chacune de ses arpèges est pleine de confiance et d'intensité, ce qui débouche sur des moments de réussite parfaite comme "False Mirrors", "Be", et surtout le très beau "A House". 

Même dans ses moments de mélancolie pure, Clare Louise n’en démord pas, et elle s’en sort grâce à une intensité rare. "Castles in the Air", qui donne son nom au disque, est une belle balade atmosphérique. Il faudra encore que Clare Louise affûte son art pour se hisser au niveau de ses héros (elle cite Léonard Cohen et Nick Drake), mais elle est en chemin, la tête haute. Et rien que pour cela, ce disque vaut d'être vécu.