Atlas Vending

METZ

Sub Pop  |  2020
7 / 10
par Maxime V  |  le 12 octobre 2020

Depuis Strange Peace sorti en 2017, on avait laissé METZ dans un cocon noise aménagé par Steve Albini. Tout le monde était à sa place, les Canadiens décollaient toujours les bouchons de cérumen de leur public tout en jouissant de la notoriété indé accordée à de nombreux groupes estampillés Sub Pop, l’aura du légendaire producteur américain en plus. Désormais valeur sûre d’un certain rock à guitare, disons que METZ n’était pas dans l’obligation de se remettre en question pour enchaîner les concerts complets dans des petites salles ou des festivals dits « pointus ». Mais la clique de Toronto a décidé de retourner au turbin pour boucler Atlas Vending.

En trois ans, METZ a continué de suivre la direction prise sur Strange Peace. L’immédiateté et la brutalité comme seul horizon, très peu pour eux. Désormais, ils s’autorisent à regarder ailleurs, à prendre leur temps si ça leur chante. Évidemment, ils n’ont pas pour autant tiré un trait sur ce qu’ils sont et maîtrisent : les deux très bons titres qui ouvrent ce disque, « Pulse » et « Blind Youth Industrial Park », ne sont pas sans nous rappeler le son entendu sur leurs deux premiers LP : Metz, en 2002 et surtout II, sorti en 2015. Après cette introduction en territoire connu, METZ s’arrache pourtant à sa zone de confort.

Sans parler d’incongruité, certains morceaux d’Atlas Vending se détachent du reste. Pas forcément dans leur style, mais dans leur esprit. Comme « No Ceiling » et ses 96 secondes de punk direct et insouciant, qui donnerait presque envie de remater des heures de vidéos de skateboard de rue sur YouTube. « Framed by the Comet’s Tail » entre aussi dans cette catégorie, sa subtilité post punk permettant au morceau d'exprimer au mieux la violence sourde d'Alex Edkins qui, pour une fois, ménage (relativement) ses cordes vocales. "A Boat To Drown In", le premier single extrait d'Atlas Vending, est d'ailleurs du même tonneau. 

Quand le groupe retrouve ses habitudes, c’est finalement là qu'il est le moins convaincant. « Hail Taxi » et « Draw Us In » s’apparentent à des temps « faibles » et on ne parle évidemment pas ici de décibels. Heureusement, ces deux titres sont noyés dans un ensemble beaucoup plus mordant, dont « The Mirror » et ses distorsions frénétiques à la Osees, « Sugar Pill » et « Parasite », qui forment le noyau dur d’un album sans bavures. METZ ne se renie donc pas sur Atlas Vending. Bien au contraire, le trio s’y épanouit. S’il n’y a pas de grand virage amorcé ici ou de surprise à proprement parler, c’est pourtant bien lorsque METZ épice sa bonne vieille recette grunge noise que le groupe nous fait saliver.