Aphid

Aphid

Altrisuoni  |  2009
5 / 10
par Franck  |  le 21 mars 2009

Amateurs de post-rock et de rock progressif, ce disque est (presque) fait pour vous. Aphid, projet du guitariste néo-zélandais Nick Broadhurst, a de quoi séduire. Après un 5 titres, le trio accouche de son premier album. Signé sur le label de jazz suisse Altrisuoni, on s’attendait plutôt à écouter un disque aux forts accents jazz. Il n’en est rien. Pour une fois, le rock est prédominant. On retrouve quand même un rythme typiquement jazz sur certains titres, grâce à la batterie d'Antoine Kauffmann, mais l’influence de la note bleue s’arrête là. Car ce sont les grands guitaristes du rock progressif des années 70 qui sont à l’honneur sur cet album éponyme - King Crimson n’est jamais loin.

Paradoxalement, les morceaux sont courts et ciselés. Sans pour autant faire dans des compositions qui durent des heures, Nick Broadhurst aurait pu développer sa musique. Pour preuve, "Detuned", qui dure plus de 5 minutes, est un des titres qui ressort le plus de cet album. Alors, fainéant, Monsieur Broadhurst ? Pas forcément. Il semble que le guitariste ait choisi de ne pas aller au bout de sa démarche (de peur de s'égarer?) et de rester à l’essentiel. Pourtant, essentiel ne signifie pas forcément réduire la durée des morceaux, surtout quand les influences progressives sont aussi clairement revendiquées. Par ailleurs, il est un élément dont il aurait pu se passer : la voix. La chanteuse Fanny Anderegg fait son apparition sur 4 titres. Soyons francs : une voix jure dans cet esprit électrique. Dommage. Il reste que ce premier album contient un fort potentiel. La frustration qui s’en dégage (tout de même) n’est pas pour autant synonyme de grosse déception. Les fondations sont posées. Un deuxième album avec moins de morceaux (11 sur ce premier album) mais plus de « laisser-aller » au sein de chacun d’eux serait le bienvenu. Un premier album timoré certes, mais qui ne demande qu'à avoir des successeurs hardis.