Antibalas

Antibalas

Daptone  |  2012
6 / 10
par Jeff  |  le 16 septembre 2012

Quatorze années qu’existe Antibalas, et quatorze années que le collectif new-yorkais traîne inlassablement son afrobeat dopé à la soul et au jazz sur divers labels, tous plus respectables les uns que les autres. Tout cela pour finir en 2012 sur Daptone, structure avec qui les liens sont assez ténus puisque certains membres du combo de Brooklyn officient régulièrement au sein des infernaux Dap Kings de la diva Sharon Jones ou viennent prêter main forte à un autre groupe clé du label américain, The Budos Band. Cerise sur le gâteau, c’est à nouveau Gabriel Roth, co-fondateur de Daptone et membre des Dap Kings, qui se retrouve derrière les manettes de ce disque. Sonorités vintage et groove généreux garantis.

Quatorze années donc pour terminer sur le label qui aurait dû accueillir Antibalas dès sa création en 2002 tant les deux entités ont en commun ce sens inné du groove, de la fête et du travail bien fait. Mais qui ont surtout un autre point commun: celui de pondre avec une régularité absolument affolante des albums de très bonne facture, mais qui n’arrivent jamais à se parer d’un qualificatif tel qu’exceptionnel ou démentiel. Vous allez certainement dire qu’on fait les fines bouches, voire les emmerdeurs de première, mais on ne nous enlèvera pas de l’idée qu’à chaque écoute d’un album d’Antibalas (ou signé Daptone Records), le sentiment est le même: de la belle ouvrage indéniablement, une fluidité miraculeuse, du groove à en revendre et plus de bonne humeur que dans un épisode de la Fête à la Maison. Mais à chaque fois l’impression que la scène est l’endroit idéal pour vraiment prendre son pied et que ce disque n’est juste qu’une savoureuse mise en bouche avant une expérience qui pourrait tout avoir du cathartique si les mecs sont vraiment dans un bon jour.

A l’arrivée, on a un peu l’impression que ce disque est une magnifique publicité pour le téléchargement illégal: suffisamment bon pour ruiner sa bande passante l’espace de quelques minutes, mais peut-être pas assez chouette pour justifier de lâcher une quinzaine d’euros alors que pour quelques piécettes de plus, on a l’assurance de passer une soirée mémorable en compagnie d’une putain de machine de guerre scénique.