An Pierlé & White Velvet

An Pierlé & White Velvet

Pias  |  2006
8 / 10
par Jeff  |  le 21 mai 2006

En deux albums réussis et plus de trois cent prestations live qui l'ont vu s'essayer à de nombreuses configurations, la craquante An Pierlé s'est créé un univers attachant, fruit d'une symbiose parfaite entre la chanteuse anversoise et son piano adoré, et dont on a entendu parler et parlé bien au-delà des frontières du Royaume. Pour ce nouvel album éponyme, après avoir enregistré Mud Stories dans un théâtre gantois et Helium Sunset dans un grenier laboratoire, c'est dans le salon de son domicile gantois que An Pierlé -toujours accompagnée de son compagnon/producteur Koen Gisen- a pris ses quartiers.

Principal point fort de celui-ci: il prouve, si besoin était, que An Pierlé n'avance pas avec des œillères. Après un début de carrière placé sous le sceau de la timidité et de l'intimisme, la délicieuse blonde a entamé une longue période d'émancipation qui se traduit de façon limpide sur ce nouvel effort. En effet, il se dégage de ces treize nouvelles compositions une assurance que l'on n'a pas toujours connue à An Pierlé et aujourd'hui, elle n'a nullement peur d'explorer des territoires qu'elle se bornait à admirer secrètement par le passé. Aussi, si l'album se caractérise par sa pop-rock d'obédience anglo-saxonne, de subtils arrangements dissimulés à ses quatre coins témoignent d'une production plus aventureuse qu'à l'accoutumée. Qu'il s'agisse de notes discrètes de banjo, de saxophone ou de guitare slide, ils sont le reflet de la maturité et de la sagesse qui habite aujourd'hui l'Anversoise. Enregistré à la maison en un peu moins d'un an, ce disque est également imprégné des frémissements qui parsèment la vie domestique. Et ce sont justement ces petits épisodes de la vie quotidienne qui servent de cerise sur le gâteau et apportent à un disque qui ne ferme toutefois pas la porte à l'imaginaire ce reflet et cette consistance le rendant si réussi.

"Petite dame deviendra grande" entend-on souvent dire au sujet de An Pierlé depuis ses débuts en 1999. Le futur n'a plus aucune raison d'être dans cette phrase. C'est désormais au présent qu'il faut parler.

Le goût des autres :

note : 99/10Adrien note : 77/10Splinter note : 66/10Nicolas