After The Flash Flood

Prairie

Denovali  |  2018
6 / 10
par Côme  |  le 15 juin 2018

Nos archives sont formelles: on n'a jamais vraiment pris le temps de parler comme il se doit du label Denovali. Pourtant, on n'hésitera jamais à accorder une oreille attentive à des artistes comme Matthew Collings ou Bersarin Quartett, et Dale Cooper Quartet And The Dictaphones reste le meilleur nom de groupe du monde. Si l'on devait se justifier d'avoir été non-payés à ne rien faire, on dirait que le positionnement du label reste un peu bancal, coincé entre la musique à peine expé d'un Kranky et une galaxie de labels hyper pointus. Officiant dans le drone, le jazz, l'ambient ou encore le black metal (avec Celeste), lancer un album de chez Denovali tient en effet autant de la riche idée que du pari risqué.

Avec Prairie, on se trouve par contre en terrain très connu, tant le projet de Marc Jacobs (ancien programmateur du Recyclart et cheville ouvrière du défunt Bozar Electronic Arts Festival) œuvre dans un segment assez occupé: le drone / dark ambient. Mais attention, il n'est pas question ici de faire dans l'aridité d'un Haxan Cloak ou la sombre nostalgie d'un Abul Mogard, non. Ce second album intitulé After The Flash Flood tient en effet plus du bon film catastrophe que du Stalker d'Andrei Tarkovski dans sa façon d'aborder et tailler la masse sonore, travaillant en cisaillant de grands éclats de guitares et de percussions. Au fil des écoutes attentives, on en vient d'ailleurs à penser au très bon Hadès de Mondkopf pour ce côté très cinématographique, alternant trompettes de l'apocalypse et moments de grâce ténue entre deux déflagrations.

Le revers de la médaille ? Si After The Flash Flood n'est clairement pas une superproduction américaine, il en a cependant le défaut d'être trop souvent dans la démonstration absolue, celle-ci ne se trouvant jamais très loin des grosses ficelles pseudo-cinématographiques et de la facilité. Sans aller jusqu'à accuser Marc Jacobs d'avoir trop écouté A U R O R A, on aurait apprécié un peu moins de pets de transformers et plus de la tension qu'il arrive parfois à très bien instiller. Et finalement, on se dit qu'on trouve dans ce After The Flash Flood un produit 100% Denovali, absolument pas parfait, mais dont on espère que le parti-pris coutumier du label trouvera son public.