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Blended Babies

 |  2017
6 / 10
par Ruben  |  le 4 avril 2017

Si tu as cliqué sur cet article, ce n’est probablement pas parce que tu connais les Blended Babies. Si tu as cliqué sur cet article, c’est que tu as vu l’image d’un magnifique boule s’afficher dans ton navigateur et que la tentation fut trop grande. On voit clair dans ton jeu, mais il faudra s’armer de patience et arriver au bout de cette chronique pour découvrir l'histoire plutôt coquine qui se cache derrière l’artwork.

Les Blended Babies donc. On avait découvert le duo de producteurs originaire de Chicago il y a un peu plus d’un an à l’occasion de leur incroyable EP collaboratif avec Anderson .Paak. Et depuis maintenant six EP - d’où le nom de ce nouveau projet - J.KELR et Rich Gains perfectionnent une formule à la croisée des chemines entre rock et hip-hop/r&b alternatif. Le mélange est fort intéressant et, en avançant dans le projet, on balaye effectivement des sonorités homophones aux discographies de Ratatat (« Wild Ways »), de JMSN (le mielleux « Girlfriend ») ou bien des Black Keys – ce qui peut s’expliquer par les précédentes collaborations entre les Blended Babies et Dan Auerbach.

À cela, il faut donc ajouter une couverture d’album bien pensée (on y arrive) ainsi qu’une architecture globale qui se veut remarquable : en effet, les pistes instrumentales servent d’interludes bien gras entre des titres qui, eux, emmènent des spectres colorés et variés. On alterne par exemple entre sonorités pop-rock sur « Quitting Acting » et rap léger et aérien sur « Remember Who Vouched ». Mais c’est justement en abordant le choix des MC invités sur 7 qu’on fâche. Sans parler d’erreur de casting, on se retrouve confrontés à des textes trop gentillets, manquant cruellement de punch – en même temps, il est difficile d’imaginer Asher Roth faire du Danny Brown. On retiendra donc surtout la production impeccable des Blended Babies qui réaffirme l’intérêt qu’on porte à leur discographie.

Et quel est donc finalement ce lien entre l’EP et son artwork ? Et bien absolument aucun, la couverture sert uniquement à attirer le regard, un peu comme la promesse d’une révélation NSFW faite tout au long de ce texte, visiblement très efficace puisque tu es arrivé au bout de cette chronique. Bravo, petit coquin.