23

Blonde Redhead

4AD  |  2007
6 / 10
par Splinter  |  le 1 mai 2007

Alors que le précédent album du groupe italo-japonais Blonde Redhead, Misery is a Butterfly, sorti en 2004, avait fait l'unanimité au sein de la rédaction, 23, nouvel opus sorti ce printemps, risque quant à lui de déchaîner des passions assez contradictoires. De fait, les avis divergent, c'est le moins que l'on puisse dire, sur ce disque étrange, attirant et repoussant à la fois, comme la jeune femme à quatre jambes (!) qui illustre la pochette, et qui manque d'élégance quand son prédécesseur brillait d'une classe unique.

Souvent comparés à Sonic Youth pour leurs premiers albums aux sonorités noisy, les Blonde Redhead se sont progressivement détachés de cette source d'inspiration en gavant leurs titres de cordes et de mélodies sucrées, à tel point qu'il est assez facile d'y voir aujourd'hui un pendant international de l'inénarrable Mylène Farmer (sic), comme sur le titre éponyme "23", ce qui, on en convient, peut agacer au plus haut point, voire dégoûter n'importe quel auditeur normalement constitué.

Pourtant, et malgré les accents kitschissimes de bons nombres de titres de cet album qui pourraient être mis en images par Laurent Boutonnat (tant qu'on y est…), le résultat parvient finalement à séduire grâce à la voix éthérée de Kazu Makino (qui devrait, c'est une certitude, chanter tous les morceaux, Amedeo Pace pouvant se concentrer sans regret sur sa guitare), le gros travail sur les rythmiques ainsi que la légèreté bondissante de titres réjouissants comme "Dr. Strangeluv" ou l'excellente "Silently", meilleur titre de l'album, hommage ouvert aux années 1980.

Ainsi, s'il est clair que les adorateurs des débuts du groupe (il y a déjà treize ans) auront vite fait de passer leur chemin sur cet album, les autres (et pas seulement les fans de Mylène Farmer) pourraient trouver un intérêt à ses mélodies planantes, accrocheuses, datées et intemporelles à la fois, et l'étrangeté charmeuse et ouateuse qui s'en dégage. A écouter au fond de son lit, les yeux fermés.

Le goût des autres :

note : 88/10Julien note : 55/10Nicolas